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Aglietta analsye

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1 Re: Aglietta analsye le Jeu 20 Mar 2008 - 21:00

jj

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Michel Aglietta: "Une crise aussi grave que celle de 1929"

Par Gabriel Zucman (Regards croisés sur l'économie) 12H10 20/03/2008
La crise du système financier américain, enclenchée depuis le mois d’août, a pris ces cinq derniers jours un caractère dramatique, de l’avis des plus grands responsables économiques de la planète.
Traversant sa "plus grave crise depuis la Seconde Guerre mondiale", selon l’ancien président de la banque centrale américaine Alan Greenspan, la finance mondiale fait aujourd’hui face à un "risque de rupture", pour le patron du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn. Comment en est-on arrivé là? Sommes-nous au début d’une grave crise économique?
Le mécanisme de la panique bancaire aux Etats-Unis. La chute de Bear Stearns, cinquième banque d’affaires des Etats-Unis, a soudainement accéléré la décomposition d’un système financier qui n’en finit pas de digérer ses excès. Alors qu’il y a une semaine, son PDG Alan Schwartz déclarait que Bear Stearns ne connaissait "aucune pression sur ses liquidités et encore moins une crise de liquidités", la prestigieuse maison, vieille de 87 ans, s’est effondrée en trois jours.
Vendredi, constatant qu’elle ne pouvait plus assurer ses obligations de paiement, elle s’est placée sous perfusion de la Banque centrale américaine. Dimanche soir (!), elle était rachetée par sa concurrente JP Morgan pour une somme dérisoire (2 dollars par action, contre un cours de 100 dollars il y a trois mois) lors d’un sauvetage rocambolesque organisé en urgence par le gouvernement américain, la Banque centrale et les deux banques en un week-end.
Pourquoi les autorités ont-elles montré tant d’empressement? Parce que la structure du système financier mondial est celle d’un château de cartes. Les grandes institutions sont inextricablement liées par les prêts qu’elles se consentent mutuellement. Que l’une vienne à faire défaut, et ce sont toutes ses créancières qui sont fragilisées, acculant les plus faibles à la faillite, et ainsi de suite, en quelques heures.
C’est ainsi que Bear Stearns a sombré au lendemain de l’annonce de la faillite du fonds coté de Carlyle, ce "hedge fund" (fonds spéculatif) qui finançait ses opérations auprès, entre autres, de Bear Stearns. Afin d’éviter la poursuite de "l’effet domino", il était nécessaire que Bear Stearns pût, coûte que coûte, assurer ses obligations de paiement, ce qui passait par son adossement à un acteur aux reins plus solides.
Aux racines de la crise: l'encouragement à l'immobilier. Dans les milieux économiques, il est de bon ton de blâmer les responsables de la politique monétaire (Ben Bernanke aux Etats-Unis, Jean-Claude Trichet en Europe), alors qu’ils ont jusqu’à présent, et particulièrement aux Etats-Unis, joué un rôle remarquable et évité que le pire ne se produise. On reproche en particulier à la Banque centrale américaine, et à son ancien président Alan Greenspan, d’avoir alimenté la bulle immobilière en laissant les taux d’intérêt trop bas (1% en 2003).
En réalité, la crise financière est dans une large mesure de la responsabilité politique de l’administration Bush, et viendra encore noircir un bilan déjà bien piteux. Pour le comprendre, il faut revenir sur la source des maux de l’économie américaine.
La crise, on le sait, vient du secteur immobilier. Ici, des courtiers sans scrupule ont accordé des prêts léonins à des ménages qui n’avaient pas les moyens de devenir propriétaires de leurs maisons.
Ce système a été non seulement toléré, mais encouragé par l’administration américaine, via un ensemble de subventions et de garanties apportées aux emprunteurs. Citons, pêle-mêle: la détaxation des intérêts d’emprunt, la détaxation des plus-values immobilières, une garantie d’Etat apportée aux emprunteurs fournissant un apport personnel trop faible, ainsi que la suppression de toutes les régulations dans le secteur du crédit immobilier.
Chacun, dans la "ownership society" chère au président Bush, devait pouvoir devenir propriétaire de sa maison; tous les moyens étaient bons! Slogan foncièrement démagogique: dans une société où les 10% les plus riches ont 48% des revenus (ce qui est le niveau le plus élevé jamais atteint aux Etats-Unis depuis… 1928) et les 10% les plus pauvres seulement 2%, il est mathématiquement impossible que chacun ait les revenus suffisants pour être propriétaire de sa maison...
Il n’empêche. Les exhortations présidentielles et les politiques incitatives qui les accompagnaient ont alimenté une bulle xxx.%3C/b%3E]spéculative.
Tout allait très bien, tant que les prix de l’immobilier montaient, et que tout le monde anticipait leur hausse. Les ménages propriétaires pouvaient alors faire valoir auprès de leur banquier que la valeur de leur habitation s’accroissait, donc que leur richesse augmentait, donc qu’ils pouvaient emprunter davantage. C’est ainsi qu’ils contractaient de nouveaux prêts gagés sur la valeur de leur maison pour consommer, ou tout simplement pour s’acquitter des mensualités de leurs autres crédits!
Sommes-nous de retour en 1929? Ce système était voué à la faillite dès le retournement des prix de l’immobilier, ce qui s’est produit au cours de l’année 2006. Rapidement, la valeur des habitations est devenue inférieure, pour de nombreux ménages, au montant du prêt qu’ils devaient encore rembourser.
De gré ou de force, ils ont alors dû céder leur habitation à leurs créanciers. Une fois tombées dans l’escarcelle des banques, les maisons ont été remises immédiatement en vente, accentuant la baisse des cours immobiliers...
Cette spirale baissière a également affecté tous les titres financiers qui avaient été construits à partir des crédits immobiliers. Les actifs des banques et de tous les investisseurs les plus exposés à l’immobilier ont ainsi fondu comme neige au soleil. Voilà comment le château de cartes a été ébranlé.
Aujourd’hui, sans l’intervention des autorités américaines, le système bancaire s’effondrerait entièrement. La crise, comme nous le dit Michel Aglietta, professeur de sciences économiques à Nanterre, est dans ses mécanismes et ses effets cumulatifs, aussi grave que celle de 1929. (Voir la vidéo.)




Ses premières conséquences réelles commencent à se faire sentir brutalement. Au lendemain de son rachat par JP Morgan, Bear Stearns a exprimé l’intention de se séparer de 7 000 salariés, soit la moitié de ses effectifs. Que va-t-il se passer maintenant?
La différence avec 1929 réside dans la réactivité des autorités. Alors qu’il avait fallu attendre l’entrée en fonction de Roosevelt en 1933 pour que le gouvernement s’attaque sérieusement à la crise, en prenant les commandes des banques, la Banque centrale américaine et le gouvernement semblent aujourd’hui déterminés à empêcher, par tous les moyens, une aggravation de la situation et la multiplication des faillites.
Concrètement, cela signifie que les pertes réalisées par les banques seront socialisées, c’est-à-dire assumées in fine par l’Etat, comme l’ont été celles de la Northern Rock en Grande-Bretagne.
Comprendre la finance contemporaine revue Regards croisés sur l’économie n°3, éditions La Découverte.
Vidéo: Mathieu Eisinger
En partenariat avec:



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2 Re: Aglietta analsye le Jeu 20 Mar 2008 - 22:38

frountil claude


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A ce sujet, nous constatons une similitude avec la grande crise économique de 1929. A ce fait actuel , les banques centrales d'état viennent au secours des banques privées. Nous avons la démonstration éclatante en Amérique avec "les subprimes". C'est le contribuable qui trinque. Ce qui fait écrire par un Député de l'Aisne M. Jean -Pierre Balligand sur le journal "Le Monde ce ce jour:

< Privatisation des bénéfices quand tout va bien et socialisation quand tout va mal> Sans commentaires supplémentaires.


frountil claude

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3 Re: Aglietta analsye le Jeu 20 Mar 2008 - 22:50

LeNain


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D'abord, je suggère de séparer les deux messages de JJ, car le premier à quand même une réelle importance.

Quand à la crise boursière annoncée et déjà en route, j'ai bien peur que le politique tente de colmater les brèches plutôt que de s'attaquer radicalement au racine du mal.
Et lorsqu' enfin, ils sortiront de leur mutisme entendu, comme cela sera trop tard, cela sera pour nous dire qu'ils n'y peuvent rien.
Quelqu'un à un siège, que je m'installe confortablement pour bien profiter du spectacle qui s'annonce ?

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4 Re: Aglietta analsye le Ven 21 Mar 2008 - 6:42

jj

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LeNain a raison: c'est un peu par paresse(?) que j'ai mis l'article d'Aglietta dans ce sujet. Peut-être l'Adm pourrait-il créer un nouveau sujet: "analyse", par exemple, et le remettre dedans.
Cet article d'Aglietta m'évoque plusieurs choses. Quand j'étais commercial, coupon-réponse, phoning, porte-à-porte, etc, dans divers domaines, et quand il s'agissait de remplir le dossier de crédit, sur "conseil" de mes chefs de secteur, je ne faisais jamais remplir la partie "revenus", je la remplissais moi-même plus tard, une fois le contrat signé, et évidemment je "surévaluais" et de beaucoup les "revenus" du client; tout commercial sait que sa clientèle "cible", quand il s'agit ainsi de démarchage (souvent agressif), est une clientèle de familles aux revenus plus que modestes, ce sont les plus fragiles, les plus crédules; tout commercial sait que se qui motive cette clientèle (majoritaire) est non pas la richesse (qu'elle n'a pas) mais l'espoir de devenir riche un jour et de mimer les riches; l'espoir fait vivre, ça c'est la base de toute action commerciale. Mais tout commercial sait aussi que derrière la crédulité et la cupidité du client il y a aussi une très mauvaise fois, une fausse inocence, le client, mais il ne le dira pas, n'est pas tout à fait dupe. Cela me fait penser à un article définitif du psychanalyste Octave Mannoni:"Je sais bien, mais quand même...", où il donne comme exemple la mise en scène du prestidigitateur qui fait sortir un lapin de son chapeau; je sais bien qu'il y a un truc, mais je fais "comme si"....Donc tout le monde est d'accord pour se faire entuber, il s'agit d'un marché de dupes. Et c'était dans les années 90, pas récent donc.
Cela me fait penser aussi à un autre ouvrage d'un autre psychanalyste (et psychiatre), Alberto Eiguer:"Le pervers narcissique et son complice". Il montre que de fait s'installe une complicité de fait de la victime avec l'agresseur pervers qui se fait valoir aux dépens de sa victime; pervers et complice sont d'accord pour éviter "la confrontation à la vérité". Quand Bush, et maintenant Sarkozy, disent souhaiter que toutes les familles deviennent propriétaires de leur logement, c'est tromper délibéremment les gens et leur faire partager un rêve inaccessible à leurs dépens, et finalement aux dépens de tous, de l'Etat, c-à-d de nous tous; mais les gens délibérement ferment les yeux et sont bien d'accord pour partager ce rêve, ce vaste système d'illusions. A aucun moment les gens ne veulent voir leur situation réelle, objective; alors, bien sûr, par la suite, quand le mécanisme se casse la gueule ils crient à la tromperie, ils crient au scandale, sans reconnaître un seul instant qu'ils ont largement participé à cette tromperie. Cela me fait penser à une autre petite anecdote pleine d'enseignement sur la fourberie partagée par les uns comme par les autres. Un ami, X., a un terrain à vendre, dans un coin "chic" et "cherros". A la question de savoir à quelle agence il va confier son bien il répond: le plus voleur! Ben voyons! Quand on est acheteur on voudrait avoir à faire à un immobilier "honnête", quand on est vendeur à l'immobilier le plus "voleur". Personnellement je reprendrai le titre d'un ouvrage de François Partant:"que la crise s'aggrave!". En somme, vive la crise, car elle est le révélateur de l'état d'esprit des puissants et de ceux qui les singent (c-à-d la plupart d'entre nous).

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