FORUM FRONTIGNAN site officiel des citoyens

Forum Frontignan - Site officiel des citoyens


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

La résistance à la poésie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas  Message [Page 1 sur 1]

1 La résistance à la poésie le Sam 12 Avr 2008 - 18:36

Brasov


Membre expérimenté
Membre expérimenté


L’Association “Humanisme et Culture” a repris ses rencontres littéraires le vendredi 28 mars au centre culturel François Villon avec la participation des poètes Hervé Piekarski et Pierre Tilman qui ont lu leurs poèmes et ont évoqué les oeuvres de Gérard Mauley Hopkins et Yoko Ono





La rencontre a été présentée par les poètes Nicole Drano Stamberg et Georges Drano

Ces interventions ont paru dans le Carnet des Lierles « A la santé des poètes » N° 65, auquel ils ont collaboré avec Julien Blaine, performer et « déclar’action » et Evy Grandrie, artiste peintre - galériste de Frontignan.

Evy Grandrie a demandé (avec discrétion) que ce soit Claude, son poète de mari qui lise à sa place son essai sur les « Arts et Poésies » dans la rubrique « Et la santé des poètes, comment ça va ? »





C’était, pour elle, une vraie déclaration des droits de l’artiste : « Lire un ouvrage est toujours une découverte… L’Ecriture et la poésie, la musique et le chant, la peinture et la sculpture font partie des modes d’expression que l’homme utilise depuis qu’il a pu en maîtriser les outils. Notre monde a de plus en plus besoin de rêves et la qualité de l’écrivain, comme celle de l’artiste, est de transmettre aux lecteurs ou aux spectateurs de multiples sentiments.

La création artistique et littéraire est fille de l’humanité et durera ce que durera l’homme… »

Les Grandrie ,des voix poétiques très touchantes et surtout … à l’unisson !!!

Julien Blaine, lui, a publié dans plus d’une centaine de petits livres ou de livres d’artistes. C’est un créateur de la poésie action, très actif et très connu de la poésie performance en France comme à l’étranger. En 2005 il décide lors de ses 60 ans d’arrêter la performance pour se lancer dans la « déclar’action ». Pour « fêter » cet arrêt il a organisé une tournée « bye-bye la perf » qui a duré un an.



Hervé Piékarski, poète secret et solitaire, écrit des poèmes expérimentaux et innovateurs ; il bouscule les frontières du langage. Il est l’auteur de neuf livres ou recueils ( chez Flammarion etc…)

L’auteur explique très bien ce qu’il attend de la poésie : « détruisant le vers, le poème s’affirme ». L’écriture pour Hervé Piékarski, c’est une destruction de la langue :

« la langue est mon ennemi même si je n’existe pas en dehors la langue… »

Le poète chuchote sous le lit, il grince des dents, dans la discordance rythmique des sons. Comment dire la vérité avec les mots ? Personne n’a dit la vérité .Il travaille ses textes pour s’empêcher de jubiler, d’être poétique.



Hervé Piékarski travaille sur la phrase. Il en ressort du rythme. Ce n’est pas du tout mélodique. C’est rythmique et scandé ; c’est de la vitesse grâce au travail sur les récurrences.

Sa poésie n’a pas été facile à entendre devant ce pionnier original qui n’attend pas de lecteurs. « Mon travail c’est transmettre du difficile ,sans qu’il perde de sa difficulté », affirme-t-il.

Le passage de cet auteur en a laissé certains pantois, tant la surprise a été grande…Sa quête est celle d’un écorché vif, sincère et abandonné sur une île solitaire, sur des sentiers jamais battus…même si les dadaïstes réclamaient les mêmes exigences de choc !!!!



Pierre Tilman, poète, artiste plasticien réside à Sète ; il est auteur d’une trentaine de livres en amoureux des mots, des signes et des symboles épais qu’il est. Poète du quotidien,ses fulgurances, ses « brèves de comptoir »sont chargées d’émotion, parfois crues… :



« Je me bats contre les moulins à vent

Je me bats contre la maladie

Je me bats contre le mauvais sort

Je me bats contre la montre

C’est contre moi que je me bats

Je fuis les responsabilités

Je fuis le danger

Je perds mes moyens

Je perds le fil

Je perds l’occasion de me taire

Je perds la raison

Je perds pied

C’est moi que je perds… »



Cette poésie s’approche de l’oralité et de la mise en scène du slam intellectuel et rencontre un public qui la savoure.

Les deux auteurs et leur besoin très sérieux de moderniser la littérature ont des points en commun évidents…

En paraphrasant Théophile Gautier, tous deux « sculptent, liment, cisèlent, que leurs rêves flottants, se scellent /Dans le bloc résistant ! »

Et pour conclure, « Ecrire c’est difficile… » !
Angela Nache Mamier

Voir le profil de l'utilisateur

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut  Message [Page 1 sur 1]

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum