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Petit cours de langue de bois

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1 Petit cours de langue de bois le Jeu 22 Mai 2008 - 23:11

thierrysix

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2 Re: Petit cours de langue de bois le Sam 24 Mai 2008 - 9:04

Jeffe


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Banques: leçon de langue de bois pour faire payer l'Etat (donc nous)


On connaît la langue de bois comme méthode (presque) généralisée de communication politique. Elle est bien entendu utilisée largement dans le monde des dirigeants d’entreprise, où elle s’agrémente volontiers d’une touche de mépris, et de quelques nuances de cynisme. Dans le milieu bancaire, en ce moment, ce bouquet semble en pleine floraison.

Joseph Ackermann, directeur de la Deusche Bank, et que la presse suisse pressentait pour devenir le futur patron d'UBS, grande banque helvétique (il faut dire qu’il est d’origine suisse), tint à peu près ce discours, le 15 mai au symposium de l’université de Saint-Gall, au micro de la Radio Suisse romande (reproduit tel quel, avec l’inimitable style suisse-allemand):

Journaliste: Vous avez depuis plusieurs mois déjà proposé un certain nombre de mesures en terme de transparence, de règles comptables, de standards internationaux. Est-ce que la crise passée, on ne va pas oublier tout ça?

Joseph Ackermann: Ah non, pas du tout. On est en train de rédiger une proposition finale avec quelques recommandations et nous avons beaucoup de soutien de toutes les grandes banques globales, et c’est pour nous quelque chose qui est très très important, parce qu’il faut une réponse du secteur privé.

Autrement, je crains que le secteur public officiel va intensifier les régulations d’une façon qui n’est pas bien pour le développement du marché en général.

Journaliste: C’est-à-dire que si le secteur privé, si les banquiers ne prennent pas les devants, ils courent le risque de voir l’Etat faire la loi à leur place. Maintenant, vous avez quand même demandé une aide à la main publique? (L’Etat qui fait la loi à la place des banques… terrifiant, non?)

Joseph Ackermann: Pas une aide, mais une… une action coordonnée entre la politique monétaire, fiscale, la politique conjoncturelle et les activité du secteur privé. Je pense qu’on a vu une solution très pragmatique aux Etats-Unis dans le secteur immobilier, et je suis convaincu qu’à partir de la deuxième partie de cette année, on verra un progrès énorme dans ce secteur. (C’était quoi, la question, déjà?)

Journaliste: Vos adversaires vous reprochent de vouloir socialiser les pertes et de continuer à profiter des gains.

Joseph Ackermann: Non, absolument pas, on ne veut pas protéger les actionnaires ou le management, c’est tout à fait clair, mais il y a des entreprises qui font tellement partie du système global qu’il est mieux de protéger le système, parce qu'autrement, on a des coûts sociaux et économiques qui sont beaucoup plus grands que les coûts pour protéger cette entreprise ou cette banque individuelle.

Aux Etats-Unis, c’est vraiment maintenant un thème très discuté, et c’est la même chose en Europe, alors c’est tout à fait clair. On a eu la situation en Angleterre, on a eu la situation en Allemagne, il faut exactement la même chose, mais encore une fois, je n’ai jamais dit de socialiser les pertes. Je dois aussi ajouter qu’on paie des impôts, et c’est quand même quelque chose qui socialise les profits.

Je résume le propos: il ne faudrait pas que l’Etat intervienne dans nos affaires, mais bien sûr, il est normal qu’il mette la main à la poche.

"Les fourmis devront payer pour les cigales"

Au passage, apprécions le terme "socialisation des pertes", qui sonne bien. Dans la traduction d’un article du Financial Times, Martin Wolf explique plus en détail ce que socialiser les pertes veut dire, d’un point de vue de dette publique, et surtout… pour les gens comme vous et moi:

“De la même façon, toute crise financière prolongée aura pour conséquence presque inévitable une hausse de l’endettement du gouvernement américain.

"Une augmentation de la dette publique se traduit de façon presque invisible, par une augmentation sur le long terme des dettes des ménages. Mais il s’agit d’une socialisation de dettes d’origines privée: les fourmis devront payer pour les cigales.”

Il faut donc comprendre que ce qui est socialisé, ce sont des dettes, potentiellement non remboursables, car les banques revendent leurs dettes à l’Etat. L’Etat couvre bel et bien leurs déficits. Et… il n’a pas le choix. Sinon, tout s’écroule.

Donc, pas de souci, quelle que soit la responsabilité prise par les différents acteurs, les conséquences ne pourront pas être à la hauteur: il n’y a aucune proportionnalité des risques. Comme l’explique, entre autres, Michel Aglietta, les gouvernements ne peuvent pas laisser le système bancaire s’effondrer. Sinon c’est la catastrophe.

Quand les pots sont cassés, c’est celui qui a la colle qui doit se mettre au boulot

Que vient nous dire Joseph Ackermann? Il veut bien sûr éviter toute ingérance de l’Etat, ça lui ferait sans doute trop mal, mais en revanche, l’argent des banques centrales, et du contribuable, est le bienvenu.

Et avec un peu de chance pour lui, ça passera sans problème. Car il est dans le camp des vainqueurs, ceux qui vivent sur le mode d’“après moi, le déluge”, comme disait Marx. Quand les pots sont cassés, c’est celui qui a la colle qui doit se mettre au boulot, quel que soit le responsable.

C’est là aussi toute la dialectique du dirigeant, celui qui organise en parallèle son discours et sa fuite, celui qui économise en prônant la consommation, qui cherche du boulot ailleurs en motivant ses troupes. Pas la peine de s’énerver, tant que le discours est lisse, les victimes n’ont qu’à se rendre à la raison.
Rue89

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3 Re: Petit cours de langue de bois le Sam 24 Mai 2008 - 9:05

Jeffe


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Je sais, ca vous interresse pas, mais moi je m'en fout.

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