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Quand l'ultra droite terrorise nos enfants

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1 Quand l'ultra droite terrorise nos enfants le Ven 12 Déc 2008 - 21:56

thierrysix

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03 décembre 2008
lycée de Marciac, descente de flic musclée


*Ecole des Métiers du Gers*
Lundi 17 novembre 2008, 10h.30
(récit de Patrick Poumirau, professeur témoin des faits)

Descente musclée de la gendarmerie dans les classes. Je fais
cours quand, tout à coup, sans prévenir, font irruption dans le
lieu clos de mon travail 4 gendarmes décidés, accompagnés d'un maître-
chien affublé de son animal. Personne ne dit bonjour, personne ne se
présente. Sans préambule, le chien est lancé à travers la classe. Les
élèves sont extrêmement surpris. Je pose des questions aux intrus,
demande comment une telle démarche en ce lieu est possible. On ne me répond
pas, j'insiste, on me fait comprendre qu'il vaut mieux que je me
taise. Les jeunes sont choqués, l'ambiance est lourde, menaçante,
j'ouvre une fenêtre qu'un gendarme, sans rien dire, referme immédiatement,
péremptoirement.

Le chien court partout, mord le sac d'un jeune à qui l'on
demande de sortir, le chien bave sur les jambes d'un autre terrorisé,
sur des casquettes, sur des vêtements. La bête semble détecter un
produit suspect dans une poche, et là encore on demande à l'élève de
sortir. Je veux intervenir une nouvelle fois, on m'impose le silence.
Des sacs sont vidés dans le couloir, on fait ouvrir les portefeuilles, des
allusions d'une ironie douteuse fusent.

Ces intrusions auront lieu dans plus de dix classes et
dureront plus d'une heure. Une trentaine d'élèves suspects sont envoyés
dans une salle pour compléter la fouille. Certains sont obligés de se
déchausser et d'enlever leurs chaussettes, l'un d'eux se retrouve en
caleçon. Parmi les jeunes, il y a des mineurs.

Dans une classe de BTS, le chien fait voler un sac, l'élève
en ressort un ordinateur endommagé, on lui dit en riant qu'il peut
toujours porter plainte. Ailleurs (atelier de menuiserie-charpente), on
aligne les élèves devant le tableau. Aux dires des jeunes et du prof, le
maître-chien lance : « Si vous bougez, il vous bouffe une
artère et vous vous retrouvez à l'hosto ! »

Il y a des allées et venues incessantes dans les couloirs,
une grande agitation, je vois un gendarme en poste devant les classes.
J'apprendrais par la suite qu'aucun évènement particulier dans
l'établissement ne justifiait une telle descente.

La stupeur, l'effroi ont gagné les élèves. On leur dira le
lendemain, dans les jours qui suivent qu'ils dramatisent. Ils
m'interrogent une fois la troupe partie, je ne sais que dire, je reste sans
voix. Aucune explication de la direction pour le moins très complaisante. Je
comprends comment des gens ont pu jadis se laisser rafler et
conduire à l'abattoir sans réagir : l'effet surprise laisse sans voix,
l'effet surprise, indispensable pour mener à bien une action
efficace, scie les jambes.

Ensuite, dans la journée, je m'étonne de ne lire
l'indignation que sur le visage de quelques collègues. On se sent un peu seul au
bout du compte. Certains ont même trouvé l'intervention normale,
d'autres souhaitable.

Je me dis qu'en 50 ans (dont 20 comme prof), je n'ai jamais
vu ça. Que les choses empirent ces derniers temps, que des territoires
jusque là protégés subissent l'assaut d'une idéologie dure.

Ce qui m'a frappé, au-delà de l'aspect légal ou illégal de
la démarche, c'est l'attitude des gendarmes : impolis, désagréables,
menaçants, ironiques, agressifs, méprisants, sortant d'une classe de BTS
froid-climatisation en disant : « Salut les filles ! » alors
que, bien sûr il n'y a que des garçons, les félicitant d'avoir bien «
caché leur came et abusé leur chien ». A vrai dire des marlous, de
vrais durs n'auraient pas agi autrement. C'est en France, dans une
école, en 2008.
Je me dis que ces gens-là, les gendarmes, devraient
accompagner les gens, les soutenir, qu'ils devraient être des guides lucides et
conscients. Au lieu de ça, investis d'un drôle de pouvoir, ils
débarquent, on dirait des cow-boys, et terrorisent les jeunes.

Mercredi 19 novembre 2008

http://www.ladepeche.fr/article/2008/11/20/495235-Les-
gendarmes-traquent-le-shit-dans-les-cartables.html

*Collège de Marciac (32)*

Un papa un peu bouleversé et très en colère !!!

J'ai eu cette semaine un mail concernant une descente de
police dans un lycée du Gers ...On a pu entendre aussi le témoignage sur
France inter.
J'étais absolument abasourdi par les méthodes
utilisées....Mais vous savez parfois on se dit que les gens exagèrent dans leur
témoignage....

Bref je reste interrogateur !

Mais voilà que ce WE, j'accueille ma fille Zoé -elle a 13
ans- de retour du collège de Marciac.... Elle me raconte son mercredi au
collège....colère à l'intérieur de moi.... révolte...... que faire ???

J'ai demandé à Zoé d'écrire ce qu'elle me disait là. Elle a accepté.

Voici donc son témoignage, avec ses mots à elle :

« Il nous l'avait dit, le CPE, que des gendarmes allaient
venir nous faire une prévention pour les 4ème et les 3ème.

Ce mercredi là (19/11/2008), toutes les classes sont entrées
en cours comme à leur habitude, en suivant les profs.

A peine 10 minutes plus tard - nous étions assis-, deux
gendarmes faisaient déjà le tour de la salle où nous étions. La prof
avec qui nous étions, les regardait en nous disant « Ils font leur
ronde !?? » . Elle n'était à priori au courant de rien bien sûr. Soudain , la
porte s'est ouverte, laissant entrer deux gendarmes... Enfin non, pas
exactement !!! Il y avait un monsieur chauve habillé en militaire ( le
dresseur de chien en fait !) et un gendarme très gros.

Le chauve nous a dit : « Nous allons faire entrer un chien !
Mettez vos mains sur les tables, restez droit, ne le regardez pas !
Quand il mord,
ça pique ! »

Enfin il a dit ça, à peu près... Je me rappelle surtout du
« Quand il mord, ça pique ! »

Après, il est sorti deux minutes et est revenu avec deux autres
gendarmes et le chien. Les gendarmes se sont placés aux deux
extrémités de la classe tandis que le dresseur regardait son chien déjà
à l'oeuvre.
Le chien s'appelait Bigo. Bigo s'est acharné sur plusieurs
sacs, en mordant et arrachant tout ce qui dépassait. Quand à la prof,
elle restait derrière son bureau bouche bée.

Le chien s'est attaqué au sac de mon amie, à coté de moi. Le
dresseur a claqué des doigts en disant : « Sortez mademoiselle, avec
toutes vos affaires ! » Elle a rangé son sac, s'est levée et s'est
apprêtée à sortir mais le dresseur l'a repris vite : « Et ton manteau ! »
Elle a rougi et emporté aussi son blouson.

Plusieurs personnes de la classe sont ainsi sorties. Le
chien vient alors sentir mon sac. Voyant que le chien ne scotchait pas,
que rien ne le retenait là, le dresseur lui a fait sentir mon corps
avant de s'empresser de me faire sortir. Dehors m'attendait une
petite troupe de gendarmes... Enfin, non, pas dehors : nous étions entre deux
salles de classe.

Me voyant arriver, ils se dépêchèrent de finir de fouiller
une autre fille. Mon amie était déjà retournée dans la classe. Quand
ils eurent fini, ils s'emparèrent de mon sac et le vidèrent sur le sol.
Un gendarme me fit vider les poches du devant de mon sac. Il vérifia
après moi. Je n'étais pas la seule élève. Avec moi, il y avait une autre
fille qui se faisait fouiller les poches par une gendarme.

Ils étaient deux gendarmes hommes à la regarder faire. Le
Gendarme qui fouillait mon sac vida ma trousse, dévissa mes stylos, mes
surligneurs et cherchait dans mes doublures.

La fille qui était là fouillée elle aussi, se fit interroger
sur les personnes qui l'entouraient chez elle. Elle assurait que
personne ne fumait dans son entourage. Ils la firent rentrer en classe.
C'était à mon tour ! La fouilleuse me fit enlever mon sweat
sous le regards des deux autres gendarmes.....

Je décris : Un gendarme à terre disséquait mes stylos, un
autre le surveillait, un autre qui regardait la fouilleuse qui me
fouillait et le reste de la troupe dehors. Ne trouvant rien dans ma veste,
elle me fit enlever mes chaussures et déplier mes ourlets de pantalon.
Elle cherche dans mes chaussettes et mes chaussures. Le gars qui nous
regardait, dit à l'intention de l'autre gendarme : « On dirait qu'elle n'a
pas de hash mais avec sa tête mieux vaut très bien vérifier ! On ne sait
jamais... »
Ils ont souri et la fouilleuse chercha de plus belle ! Elle
cherche dans les replis de mon pantalon, dans les doublures de mon tee
shirt sans bien sûr rien trouver. Elle fouilla alors dans mon soutif et
chercha enpassant ses mains sur ma culotte ! Les gendarmes
n'exprimèrent aucune surprise face à ce geste mais ce ne fut pas mon cas !!!!!!

Je dis à l'intention de tous « C'est bon arrêtez, je n'ai
rien !!!! »

La fouilleuse s'est arrêtée, j'ai remis mon sweat et mon
fouilleur de sac m'a dit : « tu peux ranger ! ».

J'ai rebouché mes stylos et remis le tout dans mon sac et
suis repartie en classe après avoir donner le nom du village où j'habite.

De retour en classe, la prof m'a demandé ce qu'ils ont fait.
Je lui ai répondu qu'ils nous avaient fouillé. Je me suis assise et
j'ai eu du mal à me consacrer au math !

Tout ça c'est ce que j'ai vécu mais mon amie dans la classe
à coté m'a aussi raconté.

Le chien s'est acharné sur son sac à elle et elle a eu le
droit au même traitement. Mais ses affaires sentaient, alors ils l'ont
carrément emmené à l'internat où nous dormons. Le chien s'est acharné
sur toutes ses affaires m'a t-elle dit. Le gendarme lui a demandé si elle
connaissait des fumeurs de hash, vue qu'ils ne trouvaient
rien. Elle leur a simplement répondu que le WE dernier elle a assisté à
un concert !

Le CPE l'a ramené ensuite au collège et elle m'a raconté.

Après les cours, le principal a rassemblé tous les élèves et
nous a dit que bientôt allait avoir lieu une prévention pour tout le
monde.

Une prévention ? Avec des chiens ? Armés comme aujourd'hui ?

Une élève de 4ème nous a dit que le chien s'est jeté sur son
sac car il y avait à manger dedans. Elle a eu très peur.

Les profs ne nous en ont pas reparlé....Ils avaient l'air
aussi surpris que nous !

Tous les élèves de 3ème & 4ème ont du se poser la même
question :
Que se passe t il ?

Et tous les 6ème et 5ème aussi même si ils n'ont pas été
directement concernés ! »

Zoé.D.R

Qu'en pensez vous ? Que dois je faire ? Qui parle de violence ?

Il me semble important d'écrire ici que ni personne du
collège a juger important de communiquer sur ces faits( ???). Nous sommes lundi
24/11/2008, il est 15h30 et si Zoé ne m'en avait pas parlé,
je n'en saurais rien. Combien de parents sont au courant ?

Les enfants « victimes » -et je pèse ce mot- de ces actes
sont en 4ème et 3ème.
Ils ont donc entre 12 et 14 ans ! Je n'en reviens pas....

Frédéric

source : http://oncontinue.canalblog.com/archives/2008/12/03/11609285.html

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