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poésie contemporaine

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1 poésie contemporaine le Mar 6 Jan 2009 - 1:05

angela n.mamier


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Marina Nicolaev-Le lien vital de l’intime à l’extériorité immédiate
Essai d’ Angela Nache Mamier

Marina Nicolaev est une personnalité complexe, artiste plastique, architecte, responsable de sa propre revue culturelle internationale online(www.omnigraphies.com) qui à travers des chroniques d’art plastique, interviews, essais, poèmes qui révèlent un goût très sûr et éclairé pour les tendances et les courants culturels contemporains à Paris où elle suit des études postuniversitaires),en France, dans le monde (La Roumanie ,son pays natal est en très bonne place dans ses sélections très avisées)
L’univers poétique de Marina Nicolaev est frais, innovateur, tente une quintessence de l’expression littéraire et une utilisation maximale de la langue :
« il pleuvait murmuré dans la stalle /et les oiseaux sortaient sanglotants/ de mon âme rouverte/à l’ouest de moi-même »
C’est une poésie incantatoire qui exprime le cœur et le destin des hommes en plein siècle trépident et angoissant. :
« la névrose collective crayonne tardivement la nostalgie/d’un mécanisme à penser/trop d’erreurs de procédure/plaies crâniennes contusions lésions conflits domestiques/pacte sociale illusoire autour de sa personne ». ……et aussi « c’est une léthargie générale/personne ne se rappelle de rien /comme après un déluge hypothétique de la conscience collective /pas question de révolutions erreurs conflits grèves équations »
Elle passe d’ouvertures sur l’actualité du monde à des replis sur soi-même.
Sa poésie est faite à être entendue ou pour une lecture silencieuse : ( L’ombre de l’Ange): « quelqu’un autrefois/me disait /que les anges /n’ont pas d’ombres/et ils n’habitent pas/dans ma rue /mais l’ombre de mon Ange/à mon sang accrochée. » .A travers ses anges elle parle du Monde, même s’il s’agit d’un ton ambigu, car les chérubins, avec « la lame flamboyante d’une épée après le péché d’Adam interdirent à l’homme l’accès à l’arbre de la vie ». Ce sont des projections purement spirituelles, les anges sont aussi ses Gardiens protecteurs…
Marina Nicolaev transforme et exorcise ses états d’âme en chants magiques, ce qui est sauvage, douloureux s’apaise à travers les effluves poétiques jaillies de son inspiration riche et une liaison palpitante avec l’indicible (les anges sont des porte-paroles dans ce sens-là) :
« un jour je nagerai au-delà /auprès des valves du ciel/des mers inconnues avaleront/l’étrange carcasse rouge/de personne ».
(La pluie noire) : « l’ange sans âme, moi sans l’ange/avec des ailes trempées sur la banquise de nuages/monastère de chair et de peur/mur de confidences ».
Son langage et expressif et exploite les sonorités, chaque mot vaut quelque chose, dès fois les poésies sont des télégrammes elliptiques.
(L’Ombre de l’ange) :« je tiens l’ombre serrée/collée à moi/qu’elle n’ait pas mal/à l’ange/dont elle descend /jusqu’à mon cœur ».
Les dominantes de sa poésie sont émotives, lyriques (tournées vers le Moi poétique), conatives (poésie morale ou engagée) ou référentielles (tournée vers le monde extérieur, vers un chant universel).
Des accents sentimentaux, dévoilent l’amour, le paradis perdu, la solitude, la rêverie, l’angoisse existentielle.
(first you cry) : « voila la nacelle et le rêve dissipés dans le bourg des aveugles de tous les mots/des cloches amères respireront sur le dernier escorté/au-delà de ton enfantement/entre les côtes et le ventre du nuage bleu/quand on t’embruma dans la sacristie d’une autre saison. »
La poétesse ressent un lien profond l’unissant au monde réel et le monde des rêves. Certains de ses poèmes rappellent Maggass, une peinture de René Magritte, Dali, Picasso, les surréalistes, poètes ou peintres ne sont jamais bien loin !
Imagiste aussi, elle crée un langage imagé, romantique. On ressent une sorte d’émotion primitive à la lecture, ces poèmes deviennent des bouteilles jetées à la mer.
(Compendium sur des jardins) : « deux corps étrangement suspendus au ciel/disloqués parmi des madones prolongées en sable/se vendent aux souvenirs de partout et de nulle part/et il paraît que je décolore lentement/dans le sens inverse des aiguilles d’une montre/un autre coin du monde/dont nous ne savons rien »
(Impromptu) : « on t’a fendue ton ventre de mariée d’un seul geste/il était rond/rempli de papillons verts parfumés/ilang ilang/doux ils bâtissent au chevet des triptyques »
Cette poésie révèle des fragilités et des violences qui surmontent à la surface sur fond d’une intime croyance très consolidée.
Des sensations, pensées et sentiments s’entremêlent et se superposent, jaillissent et intriguent sans cesse.
(un oiseau s’est envolé d’entre nous) : « un oiseau sans nom s’est envolé d’entre nous/jaillir comme un étendard de sang de ma poitrine/je l’ai vu dans l’après-midi/parmi les signes/avec des ailes sculptées dans la pierre amère /il s’est dressé de la chair/jusqu’à ce qu’en vain je t’ai conjuré/que tu sois mon corps et âme ».
Dans le chaos du monde Marina Nicolaev soustrait des plages de lumière, revisite parfois les écrits du passé en fonction de ses envies de faire bouger anima mundi et le souffle de la poésie .
Cette quête spirituelle brûle de l’intérieur vers l’extérieur, aspire à la clarté à travers l’écriture.
Artiste complexe elle ose innover dans un domaine frontalier où elle se sent plus à l’aise où le travail plastique, la musique, l’histoire s’interpénètrent en poésie :
(à l’ouest de moi-même) : « de quelque part, d’ailleurs/arcimboldo ouvrait largement
les fenêtres/au baiser trempé du cerisier/sur le chevalet de la mémoire/jusqu’à quand/les ombres se liquéfiaient tendrement/dans des habits de dimanche/dans les rues de Saint Germain »
Marina Nicolaev est une écrivaine contemporaine polyglotte, qui ressent un besoin fort de fuir les clichés, son originalité est qu’elle laisse parler l’immédiateté de sentiments et postures humains, elle « copie » la tension entre écriture et parole, propose son propre code poétique aux images cosmiques, nourri par une contemplation désintéressée du beau et une recherche plastique aussi achevée que possible. Marina Nicolaev connaît par cœur et par page la fièvre du cœur ou de la pensée, les moments purs de la mélancolie. Elle met à l’épreuve toutes ses blessures avec une confiance sereine dans l’âme robuste de l’Art.

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