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Georges Drano :le souffle orphique du figuier

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1 Georges Drano :le souffle orphique du figuier le Dim 10 Fév 2008 - 14:39

Francoli


Envoyé spécial
Envoyé spécial
Georges Drano :le souffle orphique du figuier
Par Angela Nache Mamier
Ecrivain roumain




« Les feuilles du figuier », c’est le titre du dernier recueil de poèmes que le poète frontignanais Georges Drano vient de publier aux éditions « L’atelier du hanneton ».


La présentation du recueil, son toucher, le graphisme qui suggère un tronc d’arbre brûlé par le soleil du Midi avec dans ses branches, les fruits mûrs, tout cela donne envie de sentir et feuilleter ce papier rugueux de la couverture,( presque végétale) et jusqu’à la fin du livre .

Un dessin suggestif de Henri Leviennois rend encore plus attractif l’entrée « en la matière ».

D’emblée, l’auteur nous invite à faire corps avec ce tronc géant et mythique. Ce besoin étrange de communion vient d’une volonté légitime de puiser cette force de survie dans cet arbre millénaire, aussi source de courage et de volonté pour vivre et réunir son expérience sur Terre : « Figuier enraciné au flanc du ravin où l’eau ne jaillit plus »…

Le figuier est le symbole de l’histoire de l’humanité ; cultivé dans l’Egypte pharaonique pour son fruit mythologique, il a joué un véritable rôle culturel et gastronomique, surtout sur le pourtour méditerranéen.

« Traversant le silence/ dans un bruit de feuillage/de très loin des figuiers/ nous appellent ».

Le symbole du figuier est riche et subtil, chargé en allusions spirituelles, dépositaires de symboles extrêmes comme la joie ou la malédiction. Dans la Bible, il est mentionné cinquante fois et le fruit emblématique du Sud compose « les quatre mendiants » des treize desserts de Noël en Provence.

Nous ne pouvons pas ne pas citer en passant Paul Valéry : « que l’on me prive de tout ce que l’on voudra, si ce n’est de café, de cigarettes et de figues »…

Georges Drano, lui, dans un poème en prose, s’adresse au fruit- roi : « O figuier fragment d’un ciel entrevu où les fruits sont des météores que le jour dispense ». La tournure est allégorique, avec « la langue tournée/ vers la chair de figue ». Les mots cherchent une communion entre le visible et l’invisible et le livre est nimbé d’une douce lumière où l’amour de la poésie et de la nature sont les deux faces d’un même mystère, celui de la Création : « Le soleil est dans les figues, dit-elle/les nuages s’éloignent dans l’œil du panier »…

Le poète réinvente le monde réel avec sa sensibilité et son regard et incruste ses mots sur l’écorce de l’arbre- Père originaire ,avec une telle fougue, qu’il ne sent aucun besoin de mettre une ponctuation. Surgit alors le symbole de la sensualité charnelle : « Enlevés au jour/ nous attendons des figues/ qu’elles allument en nous/ la clarté charnelle de la terre/… »

Le poète-philosophe se pose aussi des questions essentielles sur l’Homme et son univers. La nature devient le miroir de l’âme, tragique et consolant à la fois. Ses réflexions suivent un grand mouvement cosmique et abordent un côté lumineux mais aussi nostalgique de l’exil, qui donnent aux passages évoqués, une nuance mystique : »Reviens près du figuier/pour le don des figues porteuses d’une aube neuve à la bouche »…

L’arbre fascine le poète et lui inspire un souffle orphique. Il a un besoin viscéral d’amour et de fusion avec l’arbre, solidement accroché au sol rocailleux : « Tortu, tordu/noueux/ au bord du temps » .Vivre dans « le cercle du figuier », c’est avoir trouvé le paradis (perdu ?), une terre sainte, « traversant le silence/ dans un bruit de feuillage/ de très loin des figuiers/nous appellent. »

La foi dans la Création est un roc et lui donne le bonheur de travailler minutieusement les mots, d’explorer lentement leurs ressources : « Loin du chant, des jours obscurs, rires aux figues/Tu cueilles et cueilles/Jamais une fois pour toutes ».

Le fruit défendu donne des palpitations et incite à se laisser porter par la vitalité : « Ne plus chercher/les mots tendres/Quand la main du dehors/saisit le fruit du dedans/caché sous les feuilles ».

Tout au long du livre, il faut décoder pour retrouver une sorte de message primordial qui mène à une vie universelle et intemporelle qui appartient à tout temps, tout lieu, tout humain.

En Inde, Bouddha a passé des années, absorbé dans de profondes méditation. Dans le Jardin d’Eden, le figuier est l’arbre de la connaissance primordiale qui est à l’origine de la vie.

Acteur et spectateur du cycle de la vie, l’auteur se sent comme un élément de tout ce qu’est l’espèce humaine.

A travers les mots, l’auteur espère arrêter le temps : « Il nous attire dans l’ombre vers les fonds obscurs où il assure ses racines. »

Le poète, fasciné, se laisse porter par le mystère de la Création : « Que dit-on des liaisons de la langue et du fruit ?...Bois de l’année/Mesure du temps, prouesse du lent mûrissement/ des fruits. »

D’un poème à l’autre il faut décoder pour retrouver le fil d’une méditation profonde devant le mystère de la Nature.

Le livre se prête à une lecture plurielle. D’ailleurs, Paul Valéry ne disait-il pas : « Mes vers ont le sens qu’on leur prête » ?

« Enlevés au jour/nous attendons des figues/ qu’elles rallument en nous/la clarté charnelle de la terre. »

Livre d’un idéal inaccessible ou fermé, il nous transporte par sa mélancolie vague et feutrée, sans cause explicable : « Traversant le silence/dans un bruit de feuillage/de très loin des figuiers/ nous appellent. »

Georges Drano est un poète secret et véritable, en harmonie avec les voix contemporaines les plus connues de la poésie française d’aujourd’hui.

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